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Esther Brassac -
Les mayas l’on tout d’abord appelé "xocoatl". Ce mot ne ressemble pas vraiment au mot "chocolat" et pourtant il en serait l’origine.
C’est sous le nom de "Theobroma cacao" que le célèbre naturaliste suédois Carl von linné fit connaître ce merveilleux arbre. Theobroma vient du grec "théos" qui signifie "dieu" et "broma" qui veut dire "breuvage".
Les indiens de l’Orénoque avaient pour habitude de récolter les fruits verts du cacaoyer et d’en recueillir le jus très rafraîchissant. Cortés disait que cette boisson désaltérante et fortifiante était très utile à ses soldats puisque, d’après lui, un seul verre suffisait à se rafraîchir pendant toute une journée.
Les indiens s’étaient aperçus que les fèves n’avaient pas du tout le même goût lorsqu’elles étaient fermentées. En effet, en tombant dans la vase sur le sol, et grâce à la chaleur et l’humidité elles fermentaient puis finissaient par pourrir.
Or, si elles restaient à fermenter pendant environ une semaine et qu’on les rinçait bien soigneusement, elles développaient un très agréable goût de cacao.
Les indiens eurent donc l’idée de récolter les fruits avant qu’ils ne tombent et ils les battirent dans la terre humide pour les faire fermenter. Il suffisait ensuite d’enlever les morceaux de cabosses pourries et de les laver à grandes eaux.
L’opération suivante consistait à laisser sécher les fèves au soleil pour ensuite les faire griller. Ce procédé évitait le risque de les voir moisir. Pour parachever le travail et supprimer toutes les fibres qui auraient encore pu rester, les indiens les étalaient et les piétinaient longuement.
C’est parce qu’ils les avaient fait fermenter sur le sol humide que les indiens surnommèrent ces fèves, "cacao de terre". Une fois grillées, pilées puis pétries, les boules de cacao servaient soit à l’alimentation, soit à la boisson. Les indiens pouvaient dans certains cas en mélanger une partie à de l’eau et y ajouter un peu de farine de maïs, mais aussi s’ils pouvaient se le permettre, un peu de miel.

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Les indiens prétendaient que les fruits d’un tel arbre ne pouvaient être destinés qu’à la nourriture des dieux. En effet, Hernando Cortez, en débarquant au Mexique, se rendit à la cour de Moctezuma où il se vit offrir une coupe de tchocoatl. Il trouva ce breuvage fort désagréable mais les Aztèques se récrièrent en lui affirmant que c’était "le nectar des dieux" et que Quetzacoalt, jardinier du paradis, leur avait légué ce trésor car ils étaient les fils du Soleil.
Les guerriers et les nobles avaient l’habitude de conserver ce précieux cacao dans des boîtes en or et ils ne s’en séparaient jamais.
Avant qu’Hernando Cortez ne pose le pied sur le sol mexicain le chocolat était réservé le plus souvent aux hommes faisant partie d une certaine élite. Les femmes et les enfants se voyaient déconseiller d’en consommer en raison de son caractère enivrant.